Retour
Jeudi 4 Septembre 2008
 
 
Palmarès des hôpitaux

Chirurgie des artères : le CHU de Dijon arrive en tête

Dans le classement des meilleurs hôpitaux publics français publié par le Point, le CHU de Dijon arrive en tête pour la chirurgie des artères.

Quelque 700 établissements publics ont été passés au crible par le magazine le Point pour dresser le palmarès des hôpitaux français en 2008.
Sur le podium, les CHU de Lille et de Toulouse arrivent en tête ex-aequo, suivis du CHU de Bordeaux. Le CHU de Dijon n'arrive que 38e alors qu'il était 23e l'an dernier.
La version 2008 comprend 50 classements thématiques (accidents vasculaires cérébraux, chirurgie de l'œil, cataracte, pneumologie, incontinence urinaire…) contre 40 l'an dernier.
Le CHU de Dijon arrive en tête pour la chirurgie des artères. « C'est toujours satisfaisant », estime le professeur Michel David, chef de service de chirurgie cardiovasculaire durant de nombreuses années, qui vient de passer la main, en tout début de semaine, au professeur Roger Brenot.
« C'est le travail de toute une équipe - Eric Steinmetz, Claire Favier, Etienne Tatou, Saed Jazayeri, Olivier Bouchot… - qui est mis en avant. »
Des techniques de plus en plus légères
« L'évolution de la chirurgie vasculaire consiste à essayer de trouver des techniques de plus en plus ''légères'' sur le plan chirurgical avec des résultats équivalents », enchaîne-t-il.
« Notre service est très réactif. Dès qu'il y a une technique nouvelle, on essaye de la mettre en place. »
Eric Steinmetz, qui vient d'être nommé professeur en chirurgie vasculaire, a développé à Dijon la mise en place des endoprothèses. « Cette technique est utilisée au CHU depuis une dizaine d'années. L'AFSSAPS (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) a limité les endoprothèses aux personnes de plus de 80 ans et à celles atteintes de tares très sévères. Il faut aussi que l'anatomie soit favorable... ce qui n'est pas le cas de tout le monde. »
Dans la palette de leurs outils thérapeutiques, on note également l'augmentation de l'utilisation des dilatations des artères grâce à un stent, nom du petit ressort métallique qui maintient l'artère « ouverte ».
« C'est une technique qu'on maîtrise bien et qui prend de plus en plus de place. La méthode est applicable sur des gens qui ont une artérite des membres inférieurs », précise Michel David.
Une autre évolution à noter dans le service de chirurgie cardiovasculaire concerne la chirurgie des carotides, qui est destinée à prévenir les accidents vasculaires cérébraux.
« Nous l'avons beaucoup simplifiée. On opère les patients sous anesthésie loco-régionale, c'est-à-dire qu'on ne les endort pas complètement, et la durée de séjour à l'hôpital est très basse, en moyenne trois jours. » De plus, « nous avons été les premiers au monde à opérer les patients sur les données de l'écho-doppler. »
Vue directe et enregistrement d'un flux
Examen simple et indolore, « l'écho-doppler permet, grâce à une sonde à ultrasons, de voir parfaitement les artères et les endroits rétrécis ou bouchés et mesure, à l'aide du doppler, le flux sanguin. On a ainsi une vue directe et l'enregistrement d'un flux. »
« Cela est possible grâce à un travail en totale symbiose avec le service d'angiologie (créé dans les années quatre-vingt). Ainsi, on ne fait d'artériographie que si l'angiologue a un doute. »
Surveillance des infections
Concernant le palmarès du Point, le professeur Michel David n'est absolument pas d'accord sur la façon dont la lutte contre les infections nosocomiales est notée pour le service.
« Le classement juge le CHU et non pas notre service, qui est performant dans ce domaine. Depuis six-sept ans environ, on pratique la surveillance des infections des sites opératoires, c'est-à-dire qu'après chaque opération, on regarde les cicatrices et s'il y a le moindre écoulement, un prélèvement est effectué et analysé. »
Et de conclure que « cette surveillance des infections des sites opératoires devrait être étendue à tous les services chirurgicaux pour qu'enfin le CHU apparaisse en bonne position dans la lutte contre les infections nosocomiales. »

Isabelle DECAUX

 

Isabelle DECAUX Isabelle DECAUX


Tous droits réservés : Le Bien Public
210F6B7E7647ECC6AA1B39B3EFDD3C8A6979204C Diff. 49 253 ex. (source OJD 2005)




Retour