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Jeudi 17 Mai 2007
 
 
UNE PREMIÈRE AU CHU DE DE DIJON

Implantation totale réussie d'un coeur artificiel à un patient chalonnais

Le 19 avril dernier, les équipes de chirurgie cardio-vasculaire et d'anesthésie-réanimation du CHU de Dijon ont procédé pour la 1re fois à la mise en place d'un dispositif artificiel sur le coeur d'un patient dont le pronostic vital était en jeu.

Il y a pratiquement 20 ans, le 25 novembre 1987, le Centre hospitalo-universitaire de Dijon effectuait sa première transplantation cardiaque sous la supervision du Pr Michel David. Depuis, les avancées techniques en matière de mise en service d'appareils permettant de maintenir en vie des personnes souffrant de graves anomalies au niveau du coeur dans l'attente de greffes ont été nombreuses. Plusieurs générations d'équipements se sont ainsi succédé sous différentes formes. Parmi celles-ci, un dispositif similaire d'assistance circulatoire temporaire qui est fréquemment utilisé. Seul bémol, sa taille importante et les contraintes s'y afférant avec la pose de conduits extra-corporels nécessitant souvent une hospitalisation prolongée. Ce qui n'est pas le cas du « HeartMate II » fabriqué aux Etats-Unis. Testée depuis trois ans, la pompe en question a été miniaturisée de façon à permettre au patient de mener une existence quasi-normale. Dans la perspective d'une future utilisation, les chirurgiens de l'équipe de chirurgie cardio-vasculaire du Pr Michel David, les Dr E. Tatou, Dr S. Jazayeri, Dr O. Bouchot et les anesthésistes-réanimateurs supervisés par le Pr Claude Girard, les Dr Y. Ouardhiri, Dr S. Benkhadra et Dr M.C. Gomez-Bielefeld, ont reçu une formation spécifique à ce nouveau genre d'appareillages à Rouen où déjà huit implantations analogues ont été réalisées. Dans le monde, 800 patients ont bénéficié de l'apport de cette nouvelle génération de coeurs artificiels. Le Pr Michel David, chef du service de chirurgie cardio-vasculaire insiste sur le confort de vie que peut apporter « cette machine » en tant que technique d'assistance respiratoire offrant l'avantage d'être aisément transportable et alimentée par une source électrique rechargeable par le biais de batteries d'une autonomie de cinq heures. Ainsi, Jean-Pierre Garnier qui a récemment subi l'intervention, devrait pouvoir à terme reprendre une vie presque normale après un infarctus massif qui a failli lui coûter la vie. « Lors de son admission dans le service », explique le Pr David, « le patient était dans un état critique et pendant les cinq premiers jours, il a été placé sous une assistance circulatoire classique grâce à un oxygénateur extra-corporel ». L'objectif était de vérifier les potentialités de récupération du myocarde. Passé ce délai, il était devenu évident que le malade encourrait un risque vital immédiat précise le Pr David. « Nous avons alors reçu l'accord du directeur général de l'établissement, Pierre-Charles Pons et de Jean-Pierre Didier coordonnateur du pôle recherche et innovation pour procéder à l'intervention », raconte le Pr Claude Girard, également président de la CME (*) du CHU. Techniquement parlant, la chirurgie n'a pas présenté de difficultés particulières pour les deux équipes qui ont effectué l'implantation de la pompe. Il a fallu en tout et pour tout deux heures. Et les deux spécialistes de se féliciter de la capacité de récupération de Jean-Pierre Garnier qui a été excellente. Celui-ci souffrait d'une déficience du ventricule gauche. La pompe a ainsi été fixée entre la partie du coeur défaillante et l'aorte. Seule présence extérieure visible de ce dispositif : un fil électrique connecté à un boitier relié à une batterie de petite taille auquel le « miraculé » s'est habitué en l'espace de quelques jours. Eve FARAH (*) Commission médicale d'établissement

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